Le scandale Nestlé Waters : la pureté en bouteille était un mensonge
En janvier 2024, les révélations conjointes de Le Monde, de la cellule investigation de Radio France et des rapports confidentiels de l'ANSES et de la DGCCRF ont levé le voile sur l'une des plus vastes tromperies sanitaires et commerciales de l'agroalimentaire moderne.
Pendant des décennies, les multinationales de l'eau minérale (notamment Nestlé Waters avec ses marques phares Perrier, Vittel, Hépar, Contrex, mais aussi le groupe Alma pour Cristaline) ont utilisé en secret des traitements interdits par la directive européenne 2009/54/CE sur les eaux minérales naturelles : microfiltration clandestine à des seuils inférieurs à 0,8 µm, filtres à charbon actif pour absorber les molécules chimiques et lampes à rayons ultraviolets (UV) pour désinfecter l'eau en continu.
Parce que les nappes et forages d'extraction historiques étaient régulièrement contaminés par des bactéries d'origine fécale (Escherichia coli, entérocoques), des résidus de pesticides agricoles et des polluants éternels PFAS. Incapables de garantir la pureté originelle requise par la loi, les industriels ont choisi de traiter l'eau comme une eau de rivière tout en continuant à la vendre en rayon sous l'appellation prestigieuse d'« eau minérale naturelle ».
La commission d'enquête du Sénat français a également pointé l'opacité et la passivité prolongée des ministères de tutelle, qui étaient informés de ces pratiques frauduleuses dès 2021 sans en avoir averti les consommateurs ni la Commission européenne.
Source : Rapports d'expertise ANSES 2023, enquêtes DGCCRF et Commission d'enquête sénatoriale 2024.